MAINTIEN DE TOUS LES HOPITAUX ET DE TOUS LES SERVICES
REOUVERTURE DES HOPITAUX ET MATERNITES FERMES
RETRAIT DU PLAN PRADO
(programme d’accompagnement du retour des patients à domicile)
Pourquoi ces mots d’ordre simples ne sont-ils pas, depuis 2005, au
centre des manifestations dans le bassin houiller ?
C’est pourtant ce qu’attendent les personnels de santé et les usagers.
Le RL, après la manifestation intersyndicale du 12 mars 2011 publiait des « Paroles de soignants » :
-une infirmière d’Hospitalor: « Nous sommes dans l’incertitude totale. Nous avons un minimum d’informations. (…) Le grand hôpital ? Je n’y crois même plus ».
-Un standardiste à Lemire: « Ils veulent tout réunir à l’hôpital Marie-Madeleine de Forbach mais rien n’est techniquement prévu pour cela »
-Un manipulateur en radio à Lemire : « On vit un véritable démantèlement ».
Depuis 2005 était promise la construction d’un plateau technique unique (PTU). Mais, comme le rappelait le 16 mars Jean-Pierre Peron, représentant de l’agence régionale de santé (ARS) aux syndicats des hospitaliers du Bassin houiller après la manifestation de Forbach : « la condition fixée par l’ARS à la construction du PTU est le retour à l’équilibre financier des hôpitaux. »
Le RL annonçait le 17 mars que les syndicats jugeaient ce préalable inaccessible . De nombreux élus partageaient la position du maire M. Kleinhentz : « (..) Il doit se construire rapidement, sans imposer aux établissements existants des conditions d’équilibre financier »
Fabrice Boucher, conseiller général de la Moselle, écrivait alors au sujet du PTU : « (les pouvoirs publics) ont fait un préalable de la réduction des déficits dans les hôpitaux du Bassin houiller (…). Vu l’annonce faite aux personnels hospitaliers par les directeurs des établissements, on peut se demander si le préalable ne devient pas l’unique objectif des pouvoirs publics.(…)».
La question est centrale mais la réponse était donnée dés janvier 2010.
Les docteurs Elizabeth Parizel et Philippe Marrel, rapporteurs du projet (RL du 10 01 2011) expliquaient dans leurs réunions d’information: « L’Etat demande clairement aux hôpitaux de réaliser des économies et incite fortement au regroupement »
Le 1er septembre 2011, les représentants de l’ARS le répétaient à la délégation qui s’est rendue à Metz le 1er septembre, à l’initiative du POI, qui apportait 1000 signatures contre toute fermeture de services et le maintien de la SSM : « l’hospitalisation coûte trop cher ! » C’est ainsi qu’était justifié le programme PRADO (retour à domicile des femmes ayant accouché, à J+2).
La construction du PTU est donc bien, depuis le début, un prétexte à fermer les hôpitaux du bassin houiller, services après services, pour réaliser ces économies.
N’est-il pas temps, aujourd’hui que le doute n’est plus permis, d’exiger le maintien des hôpitaux encore ouverts et la réouverture des hôpitaux et des services fermés ?
Pour défendre ce mot d’ordre, il faut refuser la politique de « réduction des déficits publics ». Par contre, à ceux qui acceptent de « réduire les déficits » une question se pose : puisque la réforme hospitalière se nomme «loi Hôpitaux, patients, territoires», jusqu’où aller dans l’accompagnement des réductions budgétaires ?
Jusqu’à la disparition totale des acquis de nos communes et départements ?
La réforme hospitalière se calque sur la restructuration territoriale de la Région Lorraine autour du « sillon lorrain », soit une structure hospitalière allant de Thionville à Epinal via Nancy et Metz.
La « mutualisation » avec le Luxembourg et la Sarre est avancée aussi. Laurent Wauquiez, ministre français chargé des Affaires européennes, parlait pour la zone frontalière avec le Luxembourg, de « la possible implantation d’un hôpital transfrontalier ». Bien évidemment pour « renforcer l’offre de soins »…
M Lelouche, secrétaire d’Etat annonçait déjà, en inaugurant l’Euro-district (6 mai 2010), dans le bassin houiller, qu’il permettrait de « mutualiser les moyens » en matière de santé» en tenant compte de ce qui existe de l’autre côté de la frontière.
Si on suit la logique de la restructuration hospitalière, motivée par les « réductions des déficits publics » (en un an, fermeture de l’hôpital LEMIRE à St Avold, fermeture des services de Hospitalor, en commençant par la Maternité, fermeture en cours de Ste Barbe-Hospitalor Forbach), il ne reste plus que 2 hôpitaux ouverts : Marie-Madeleine à Forbach qui est débordé et Pax à Sarreguemines qui mettrait en place le retour à domicile à J+2 pour la maternité (PRADO).
Si on ajoute la logique de la réforme territoriale (tout miser sur la « mobilité »), nous serons tous invités à aller nous faire soigner au grand hôpital du sillon Lorrain sinon en Allemagne ou au Luxembourg.
Restera-t-il, alors, encore un seul hôpital à l’Est du département ? Le dernière réunion de l’Eurodistrict confirme cette orientation : une commission est mise en place en lien avec l’ARS (agence Régionale de santé) pour étudier comment envoyer les malades dans les hôpitaux de Sarrebruck. Ignorent-ils que Mme Merkel, elle-aussi applique la rigueur ?…
Le Maire PS de Forbach, M. Kalinowski dit avec raison ( RL du 16 oct 2011): « il ne faudrait pas que nous servions de victimes pour remplir les lits du sillon mosellan. » Mais comment peut-il encore défendre dans le même temps que « La construction d’un PTU est la garantie du maintien d’une démographie médicale, qui endiguera la fuite des patients. La réorganisation sanitaire doit s’inscrire dans un cadre transfrontalier et participer à l’aménagement du territoire, c’est d’ailleurs inscrit dans le SCOT. »?
« Le cadre transfrontalier » c’est justement le moyen pour fermer les hôpitaux de proximité ! Le moyen, pour le gouvernement de payer les 50 milliards d’intérêts de la dette…
Il est encore temps : regroupons-nous, sur des revendications claires
- REFUS DE LA REFORME TERRITORIALE ET DES RESTRUCTURATIONS QU’ELLE ENTRAINE
- REFUS DU PRETEXTE DE LA « REDUCTION DES DEFICITS » QUI DETRUIT LES SERVICES PUBLICS POUR RENFLOUER LES BANQUES
-MAINTIEN DE TOUS LES HOPITAUX ET DE TOUS LES SERVICES
- REOUVERTURE DES HOPITAUX ET MATERNITES FERMES, RETRAIT DU PLAN PRADO
Ce dispositif, annoncé le 1er septembre par l’ARS à une délégation ouvrière, doit entrer en vigueur en Moselle à la clinique privée Saint-Nabor à Saint Avold et à l’hôpital public R. Pax à Sarreguemines. Il prévoit une sortie au bout de 2 jours ! Les femmes qui viennent d’accoucher recevront la visite d’’un agent de la sécurité sociale le lendemain de l’accouchement (J+1), pour préparer, avec lui, leur sortie le surlendemain (J+2).
Ce ne sont pas les hôpitaux et les maternités qu’il faut fermer, mais renationaliser les banques, confisquer leurs profits et annuler le paiement de la dette. Pour cela, il faut sortir de l’Union européenne.